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	<title>cote d&#039;ivoire Archives - tadf.africa</title>
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		<title>Lucie Gbakayoro, la voix des femmes qui nourrissent la Côte d’Ivoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 18:38:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lucie Gbakayoro a grandi au rythme des marchés et des conseils de sa grand-mère, commerçante, qui lui a transmis bien plus qu’un métier : le goût de l’indépendance. Très tôt, elle comprend que le commerce peut être une voie d’émancipation, surtout pour les femmes.</p>
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									<p data-start="54" data-end="490">Lucie Gbakayoro a grandi au rythme des marchés et des conseils de sa grand-mère, commerçante, qui lui a transmis bien plus qu’un métier : le goût de l’indépendance. Très tôt, elle comprend que le commerce peut être une voie d’émancipation, surtout pour les femmes. Après des études en comptabilité, elle tente d’abord sa chance dans la coiffure, avant de se tourner vers ce qui deviendra le fil conducteur de sa vie : l’entrepreneuriat.</p>
<p data-start="492" data-end="1025">En 1985, elle ouvre son premier commerce, une boutique spécialisée dans la vente en gros de vêtements et de chaussures pour enfants. Son sens des affaires et sa rigueur lui permettent de développer rapidement son activité. Sur les marchés d’Abidjan, sa réussite attire l’attention. Des commerçantes viennent lui demander conseil, cherchant à comprendre comment structurer leurs propres activités, comment acheter, vendre, négocier, tenir leurs comptes. Sans le savoir encore, Lucie Gbakayoro commence déjà à jouer un rôle de mentore.</p>
<div id="attachment_16407" style="width: 1360px" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-16407" class="wp-image-16407 lws-optimize-lazyload"  alt="" width="1350" height="900" / data-src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Lucie-g2-1024x683.jpg"><p id="caption-attachment-16407" class="wp-caption-text">Lucie Gbakayoro dans sa cuisine en train s&rsquo;assembler les produits alimentaires qu&rsquo;elle produit. Crédit photo : Tora San Traoré.</p></div>
<p data-start="1027" data-end="1486"> </p>
<p data-start="1027" data-end="1486">Au début des années 2000, son engagement prend une dimension collective. Entre 2000 et 2003, elle dirige un groupement de femmes au marché de Yopougon. Cette première responsabilité marque le début d’un parcours militant qui ne cessera de s’amplifier. De cheffe de groupe à responsable de coopérative, puis dirigeante d’association, elle gravit les étapes une à une, toujours avec la même conviction : les femmes doivent être au centre de l’économie vivrière.</p>
<p data-start="1488" data-end="1945">En 2023, elle est élue présidente de la <strong data-start="1528" data-end="1599">Plateforme des Femmes du Secteur Vivrier de Côte d’Ivoire (PFSV-CI)</strong>, une organisation qui fédère 45 coopératives et petites entreprises spécialisées dans la production, la transformation et la commercialisation de produits agricoles. À ce poste, elle porte la voix de centaines de productrices et commerçantes, souvent invisibles dans les décisions politiques alors qu’elles nourrissent une grande partie du pays.</p>
<div id="attachment_16410" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-16410" class="wp-image-16410 size-large lws-optimize-lazyload"  alt="" width="1024" height="683" / data-src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Lucie-g5-1024x683.jpg"><p id="caption-attachment-16410" class="wp-caption-text">Lucie Gbakayoro avec une commerçante qu&rsquo;elle a aidé à s&rsquo;installer sur le marché à Bingerville. Crédit photo: Tora San Traoré</p></div>
<p data-start="1947" data-end="2429"> </p>
<p data-start="1947" data-end="2429">Pour Lucie Gbakayoro, le secteur vivrier est stratégique. Elle connaît la richesse des terres ivoiriennes, mais aussi les difficultés auxquelles font face celles qui les cultivent : changement climatique, accès limité aux financements, manque d’équipements, absence de soutien institutionnel. Malgré ces obstacles, elle continue de se battre pour que les femmes puissent vivre dignement de leur travail. Pour elle, l’autonomie économique est une condition essentielle de la liberté.</p>
<p data-start="2431" data-end="2817">Nous l’avons suivie chez elle, à Abidjan. Dans son salon, les trophées et les diplômes reçus au fil des années rappellent l’ampleur de son engagement. Dans sa cuisine, elle prépare des plats à partir de produits cultivés par les femmes de sa coopérative <strong data-start="2685" data-end="2697">Amougnan</strong>, qu’elle revend ensuite en ville. Chez elle comme sur le terrain, tout est lié : produire, transformer, vendre, former.</p>
<p data-start="2819" data-end="3229">Quelques jours plus tard, direction le marché Saint-Joseph de Bingerville, en périphérie d’Abidjan. Ce matin-là, Lucie Gbakayoro accompagne une dizaine de jeunes commerçantes venues chercher un emplacement pour vendre leurs produits. Elle discute avec les responsables du marché, négocie, conseille, rassure. Pour ces femmes, avoir une place pour vendre signifie souvent la possibilité de nourrir leur famille.</p>
<div id="attachment_16409" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-16409" class="wp-image-16409 size-large lws-optimize-lazyload"  alt="" width="1024" height="683" / data-src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Lucie-g4-1024x683.jpg"><p id="caption-attachment-16409" class="wp-caption-text">Lucie Gbakoyoro avec les productrices d&rsquo;attieke qu&rsquo;elle accompagne à Eloka-Te. Crédit photo : Tora San Traoré.</p></div>
<p data-start="3231" data-end="3493"> </p>
<p data-start="3231" data-end="3493">Le combat continue à Eloka-Té, à une heure de route d’Abidjan. Dans ce village, elle rend visite à une productrice d’attiéké qu’elle accompagne depuis plusieurs années. Assise à l’ombre, entourée de bassines de manioc, la coopératrice raconte le chemin parcouru.</p>
<p data-start="3231" data-end="3493">« <em>J’ai connu Mme Gbakayoro grâce au ministère du Commerce, qui m’a orientée vers elle. Avant, je faisais seulement la transformation d’attiéké. Elle m’a aidée à structurer mon activité, à établir un plan de développement. Aujourd’hui, avec les femmes qui travaillent avec moi, nous cultivons le manioc, nous le transformons, nous vendons au marché et nous avons même des clients dans la restauration. Notre activité est plus stable, mais il nous manque encore des financements pour produire davantage. Et là aussi, elle continue de nous soutenir.</em> » Draimond Marcelle épouse Depry, présidente de coopérative</p>
<p data-start="4111" data-end="4477">Ce type d’accompagnement, Lucie Gbakayoro le répète inlassablement, d’un village à l’autre, d’un marché à l’autre. Son travail consiste autant à conseiller qu’à encourager, autant à organiser qu’à convaincre. Elle connaît chaque difficulté, chaque blocage administratif, chaque manque de moyens. Mais elle connaît aussi la force des femmes lorsqu’elles sont réunies.</p>
<p data-start="4479" data-end="4716">À force de patience, elle a construit un réseau solide, où les productrices, les transformatrices et les commerçantes s’entraident pour avancer ensemble. Pour elle, l’avenir du secteur vivrier en Côte d’Ivoire dépend de cette solidarité.</p>
<p data-start="4718" data-end="4894">Et lorsqu’on lui demande pourquoi elle continue, après tant d’années, elle répond simplement : parce qu’une femme qui gagne sa vie est une femme qu’on ne peut plus faire taire.</p>								</div>
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		<title>Les féministes ivoiriennes réclament une loi reconnaissant les féminicides</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 18:48:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Féminicides]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour le 8 mars 2026, les féministes ivoiriennes appelent à une loi sur la reconnaissance des féminicides.</p>
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									<p>Pourquoi reconnaît-on les enfanticides, les parricides et les homicides… mais pas les féminicides ? <br /><br />En ce 8 mars, les féministes ivoiriennes posent la question.<br /><br />Lors d’une conférence de presse organisée par la <a class="x1i10hfl xjbqb8w x1ejq31n x18oe1m7 x1sy0etr xstzfhl x972fbf x10w94by x1qhh985 x14e42zd x9f619 x1ypdohk xt0psk2 x3ct3a4 xdj266r x14z9mp xat24cr x1lziwak xexx8yu xyri2b x18d9i69 x1c1uobl x16tdsg8 x1hl2dhg xggy1nq x1a2a7pz notranslate _a6hd" tabindex="0" role="link" href="https://www.instagram.com/comfeministes.ci/?hl=fr">@comfeministes.ci</a>, elles appellent les autorités à reconnaître officiellement les féminicides dans la loi.</p>								</div>
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		<title>Ce que j’ai appris sur les droits des femmes en Côte d’Ivoire 🇨🇮</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 09:04:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre octobre et décembre 2023 , la journaliste Sadia Mandjo  s'est intéressée aux droits des femmes en Côte d'Ivoire, dans le cadre d'un projet journalistique engagé nommé "Tour d'Afrique des droits des femmes". Elle a observé la situation sur le terrain, rencontré des citoyennes, des citoyens, des militantes et des responsables associatifs. En plus de partager ses trouvailles sur les réseaux sociaux du projet, elle a publié une vidéo YouTube  récapitulative de ce qu'elle a appris au long de ses rencontres.  Cet article résume les points majeurs abordés dans la vidéo. </p>
<p>The post <a href="https://tadf.africa/e-que-jai-appris-sur-les-droits-des-femmes-en-cote-divoire-%f0%9f%87%a8%f0%9f%87%ae/">Ce que j’ai appris sur les droits des femmes en Côte d’Ivoire 🇨🇮</a> appeared first on <a href="https://tadf.africa">tadf.africa</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="16014" class="elementor elementor-16014">
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									<p data-start="323" data-end="723">Entre octobre et décembre 2023 , la journaliste Sadia Mandjo s&rsquo;est intéressée aux droits des femmes en Côte d&rsquo;Ivoire, dans le cadre d&rsquo;un projet journalistique engagé nommé « Tour d&rsquo;Afrique des droits des femmes ». Elle a observé la situation sur le terrain, rencontré des citoyennes, des citoyens, des militantes et des responsables associatifs. En plus de partager ses trouvailles sur les <a href="https://www.instagram.com/tourdafriquedesdroitsdesfemmes/?hl=fr">réseaux</a> <a href="https://www.tiktok.com/@tourdafriquedroitsfemmes">sociaux</a> du projet, elle a publié une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=WTDdyD3LsMI&amp;t=2s">vidéo YouTube</a>  récapitulative de ce qu&rsquo;elle a appris au long de ses rencontres.  Cet article résume les points majeurs abordés dans la vidéo. </p><h2 data-section-id="11cdgm2" data-start="725" data-end="769">Une perception mitigée dans la population</h2><p data-start="771" data-end="1028"> </p><p data-start="771" data-end="1028">Dès le début de son séjour, la journaliste est allée à la rencontre des Ivoiriennes et des Ivoiriens dans la rue pour leur poser une question simple : « <strong>quelle note donneriez-vous à la Côte d’Ivoire pour le respect des droits des femmes, entre 1 et 10 ? » </strong>La plupart des réponses se situaient autour de la moyenne. Beaucoup ont donné 4 ou 5 sur 10, estimant que la situation s’améliore, mais reste insuffisante.</p><p data-start="1187" data-end="1257">Chez les <a href="https://www.instagram.com/p/CxNhIdwoQ0_/?hl=fr&amp;img_index=1">femmes</a> interrogées, trois problèmes revenaient très souvent : <strong>les violences conjugales, le manque de ressources économiques et le manque de considération dans la société. </strong>Certaines expliquaient que la violence restait fréquente, notamment lorsque la femme dépend financièrement de son conjoint. D’autres évoquaient les difficultés d’accès aux postes à responsabilité ou le sentiment d’être inférieures aux hommes dans le monde du travail. Un autre élément marquant : plusieurs femmes ont refusé d’être filmées, signe que la parole reste difficile à libérer sur ces sujets.</p><h2 data-section-id="kfv7xf" data-start="1776" data-end="1821">Une vision différente chez certains hommes</h2><p> </p><p data-start="1823" data-end="2010">Du côté des<a href="https://www.instagram.com/p/CxQD763oQq8/?hl=fr&amp;img_index=1"> hommes</a>, les réactions étaient souvent différentes.<br data-start="1885" data-end="1888" />Certains estimaient que les femmes étaient libres, tant qu’elles respectaient les règles traditionnelles au sein du foyer. <strong>Pour eux, la femme peut travailler et s’émanciper, mais doit rester « soumise » dans la sphère familiale.</strong> D’autres pensaient même que les femmes avaient plus de droits que les hommes, avant de reconnaître, après discussion, que les femmes avaient en réalité moins d’opportunités dans l’emploi, la santé ou la prise de décision.</p><h2 data-section-id="1u1khmx" data-start="2339" data-end="2393">Des chiffres inquiétants et difficiles à obtenir </h2><p> </p><p data-start="2395" data-end="2648">Obtenir des données fiables sur les violences faites aux femmes en Côte d’Ivoire reste compliqué. Plusieurs activistes d’Afrique de l’Ouest ont récemment signé une <a href="https://www.instagram.com/p/C35U2mwo7Dz/?hl=fr&amp;img_index=1">pétition</a> pour demander davantage de moyens afin de collecter des statistiques précises.</p><p data-start="2650" data-end="2735">Malgré ces difficultés, certains <a href="https://www.instagram.com/p/CzwVk4uI8lX/?hl=fr&amp;img_index=1">chiffres</a> donnent une idée de l’ampleur du problème : <strong>deux femmes seraient violées chaque jour à Abidjan, environ 70 % des femmes seraient concernées par des violences conjugales, plus de 400 femmes auraient été tuées par leur mari en 2020 dans seulement six communes, plus de 5 000 cas de violences basées sur le genre ont été enregistrés en neuf mois en 2023.</strong></p><p data-start="3054" data-end="3110">Les mentalités restent également un obstacle important : <strong>41 % des femmes pensent qu’une gifle n’est pas une violence, 37 % des hommes estiment qu’un mari n’a pas besoin du consentement de sa femme pour avoir des relations sexuelles, 70 % des personnes interrogées considèrent que l’homme doit décider si une femme peut travailler.</strong></p><h2 data-section-id="1oe13ru" data-start="3392" data-end="3427">Le rôle essentiel des activistes</h2><p> </p><p data-start="3429" data-end="3698">Face à cette situation, de nombreuses militantes se mobilisent sur le terrain. Parmi elles, la juriste et féministe Sylvia Apata, cofondatrice de l&rsquo;ONG Citoyennes pour la Promotion et Défense des Droits des Enfants, Femmes et Minorités (<em>CPDEFM</em>) une organisation de défense des droits des femmes, a mené une enquête sur les violences sexuelles en milieu universitaire.</p><p data-start="3700" data-end="3860">Cette <a href="https://www.cpdefm.org/blog/cpdefm-realise-une-enquete-inedite-sur-le-harcelement-sexuel-a-l-ufhb.html">étude</a> a révélé que la grande majorité des victimes gardent le silence et que les mécanismes de signalement étaient inexistants dans certaines universités.  Après la publication des résultats, des cellules d’écoute ont été mises en place, mais les militantes expliquent que cela ne suffit pas. Les victimes hésitent encore à dénoncer les faits, notamment lorsque les agresseurs font partie du personnel ou des organisations étudiantes. « Étant donné que les chiffres ont prouvé que 90 % des victimes gardent le silence, ça veut dire qu&rsquo;en réalité les 69 cas qui ont été révélés il faut  les multiplier  par trois pour avoir le véritable chiffre et c&rsquo;est là où ça fait vraiment froid dans le dos » explique-t-elle dans l&rsquo;interview. La publication de ces chiffres a également entraîné des menaces contre les militantes, preuve que le sujet reste sensible.</p><h2 data-section-id="1jxarjm" data-start="4268" data-end="4325">Des droits sexuels et reproductifs encore très limités</h2><p> </p><p data-start="4327" data-end="4429">Un autre sujet revient souvent : l’accès à la contraception et aux soins liés à la santé reproductive. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui le seul pays d’Afrique de l’Ouest francophone à ne pas avoir adopté de loi complète sur la santé sexuelle et reproductive. Une loi avait été envisagée en 2018, mais elle n’a pas été adoptée, notamment en raison de blocages politiques et religieux explique Agathe Blanc, juriste dans la vidéo YouTube. Selon plusieurs juristes, une telle loi permettrait :</p><ul><li data-start="5037" data-end="5082">de mieux encadrer l’accès à la contraception,</li><li data-start="5037" data-end="5082">de réduire les avortements clandestins,</li><li data-start="5037" data-end="5082">d’améliorer la prise en charge médicale,</li><li data-start="5037" data-end="5082">de protéger davantage les jeunes filles.</li></ul><p> </p><h2 data-section-id="elohkq" data-start="5212" data-end="5268">Des associations très actives mais avec peu de moyens</h2><p> </p><p data-start="5270" data-end="5385">Malgré les obstacles, de nombreuses organisations se battent au quotidien pour faire avancer les droits des femmes. Une liste non-exhaustive est dressée dans la vidéo. </p><p data-start="5387" data-end="5432">Elles interviennent dans plusieurs domaines :</p><ul><li data-start="5435" data-end="5462">lutte contre les violences,</li><li data-start="5435" data-end="5462">accompagnement des victimes,</li><li data-start="5435" data-end="5462">sensibilisation,</li><li data-start="5435" data-end="5462">autonomisation économique,</li><li data-start="5435" data-end="5462">plaidoyer politique.</li></ul><p data-start="5566" data-end="5720"> </p><p data-start="5566" data-end="5720">La plupart fonctionnent avec très peu de ressources.<br data-start="5618" data-end="5621" />Beaucoup de militantes financent elles-mêmes leurs actions, leurs déplacements ou leurs événements. Certaines dénoncent aussi la difficulté d’obtenir des financements, en raison de procédures complexes ou d’un système jugé trop élitiste. Malgré la fatigue et la pression, elles continuent leur combat, souvent par conviction personnelle, par foi ou par solidarité avec les victimes.</p><h2 data-section-id="1p6fs5h" data-start="6007" data-end="6047">Des avancées, mais encore trop lentes</h2><p> </p><p data-start="6049" data-end="6154">La situation n’est pas figée. Des progrès existent, notamment grâce à la mobilisation des associations. Par exemple : le certificat médical payant exigé après un viol n’est plus obligatoire, des formations sont mises en place pour les policiers et gendarmes, des discussions ont lieu au Parlement sur la prise en charge des victimes.</p><p data-start="6393" data-end="6486">Les autorités se disent ouvertes, mais les militantes réclament davantage de moyens concrets. Selon elles, c’est le financement des politiques publiques et le soutien aux associations qui feront réellement la différence.</p><p data-start="6643" data-end="6797">En Côte d’Ivoire, les droits des femmes avancent, mais lentement. Entre traditions, manque de moyens et résistances sociales, le combat reste difficile. Pourtant, sur le terrain, des femmes continuent de s’engager chaque jour pour faire évoluer la société, souvent au prix de sacrifices personnels. Leur travail, encore trop peu visible, est aujourd’hui l’un des moteurs principaux du changement.</p><p>
<a href='https://tadf.africa/?attachment_id=680'><img loading="lazy" width="150" height="150"  class="attachment-thumbnail size-thumbnail lws-optimize-lazyload" alt="" srcset="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2020/05/MARIE-FRANCE-OVERCOME-00203-150x150.jpg 150w, https://tadf.africa/wp-content/uploads/2020/05/MARIE-FRANCE-OVERCOME-00203-570x570.jpg 570w, https://tadf.africa/wp-content/uploads/2020/05/MARIE-FRANCE-OVERCOME-00203-500x500.jpg 500w, https://tadf.africa/wp-content/uploads/2020/05/MARIE-FRANCE-OVERCOME-00203-1000x1000.jpg 1000w, https://tadf.africa/wp-content/uploads/2020/05/MARIE-FRANCE-OVERCOME-00203-650x650.jpg 650w, https://tadf.africa/wp-content/uploads/2020/05/MARIE-FRANCE-OVERCOME-00203-1300x1300.jpg 1300w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" / data-src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2020/05/MARIE-FRANCE-OVERCOME-00203-150x150.jpg"></a>
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		<title>Marie-France Kouakou, foi, féminisme et combat contre le silence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Mar 2025 15:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[rencontre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les lieux de culte où elle intervient, Marie-France Kouakou ne se contente pas de lancer la projection. Elle raconte. Avec une aisance de conteuse, elle mêle témoignages, chiffres, souvenirs personnels et histoires de femmes qu’elle a accompagnées. Son discours navigue entre colère et espoir, douleur et détermination.</p>
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									<p data-start="54" data-end="577">Marie-France Kouakou a plusieurs casquettes. Cadre dans un complexe hôtelier de luxe en Côte d’Ivoire, elle préside aussi l’<a href="https://www.overcome-owen.org/">ONG <strong data-start="181" data-end="193">Overcome</strong></a>, engagée dans l’autonomisation des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre. Entre deux responsabilités professionnelles, elle produit des films, organise des projections, parcourt le pays pour animer des conférences. Son objectif est clair : briser le silence autour des violences faites aux femmes, partout où cela est possible, même là où on ne les attend pas.</p>
<p data-start="579" data-end="997">Nous l’avons suivie lors de la projection de son dernier film, <em data-start="642" data-end="658">Silence Mortel</em>, d’abord devant des leaders religieux et communautaires à Yopougon, la plus grande commune d’Abidjan, puis dans une église pleine de femmes à Yamoussoukro, capitale politique du pays. Pour elle, ce film n’est pas seulement une œuvre audiovisuelle. C’est un outil de combat, un moyen d’ouvrir des discussions que beaucoup préfèrent éviter.</p>
<p data-start="999" data-end="1407"><strong>Dans les lieux de culte où elle intervient, Marie-France Kouakou ne se contente pas de lancer la projection. Elle raconte. Avec une aisance de conteuse, elle mêle témoignages, chiffres, souvenirs personnels et histoires de femmes qu’elle a accompagnées. Son discours navigue entre colère et espoir, douleur et détermination.</strong> Les statistiques prennent des visages, les récits deviennent impossibles à ignorer.</p>
<p data-start="1409" data-end="1844">Choisir l’église comme lieu de projection n’a rien d’anodin. Dans une société où la parole religieuse pèse lourd, elle veut convaincre celles et ceux qui influencent les familles, les couples et les communautés. Pour elle, la foi ne peut pas être séparée du respect des femmes. Et chaque intervention devient un plaidoyer : contre l’impunité, contre le silence, contre les traditions qui protègent les agresseurs plus que les victimes.</p>
<hr data-start="1846" data-end="1849" />
<h3 data-section-id="1pfe8o9" data-start="1851" data-end="1889">Église Saint-Laurent, Yopougon, 9h</h3>
<p> </p>
<p data-start="1891" data-end="2310">Dans une salle de séminaire attenante à l’église, une trentaine d’hommes d’Église et quelques femmes regardent en silence <em data-start="2013" data-end="2029">Silence Mortel</em>, le film produit par l’ONG Overcome. Pendant près d’une heure et demie, l’écran montre les différentes formes de violences basées sur le genre : viol, agressions sexuelles, violences physiques, mariages précoces, privation de ressources ou de services, maltraitance psychologique.</p>
<p data-start="2312" data-end="2720">Les histoires se succèdent. Des femmes violentées, souvent isolées, parfois rejetées, mais qui finissent par parler et reprendre le contrôle de leur vie. Dans la salle, les regards se ferment, les visages se tendent. Quand le générique apparaît, le silence dure quelques secondes, puis les applaudissements éclatent. Une standing ovation accueille Marie-France Kouakou avant même qu’elle ne prenne la parole.</p>
<p data-start="2722" data-end="3051">La projection n’était qu’un début. Pendant plus de deux heures, elle échange avec les responsables religieux, répond aux questions, contredit certaines idées reçues, insiste sur la responsabilité collective. <strong>Pour elle, les leaders spirituels doivent être des alliés dans la lutte contre les violences, pas des témoins silencieux.</strong></p>
<hr data-start="3053" data-end="3056" />
<h3 data-section-id="1vot6bs" data-start="3058" data-end="3102">Église Vase d’Honneur, Yamoussoukro, 10h</h3>
<p> </p>
<p data-start="3104" data-end="3422">En cette Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, Marie-France Kouakou n’a pas choisi une grande salle de conférence ni une tribune officielle. Elle a préféré un lieu de foi. À l’église Vase d’Honneur, dans une salle annexe, une centaine de femmes âgées de 18 à 50 ans prennent place face à l’écran.</p>
<p data-start="3424" data-end="3790">Dès les premières scènes, l’émotion est palpable. Certaines se crispent, d’autres essuient discrètement une larme. Quand les violences apparaissent à l’écran, des soupirs, des murmures indignés traversent la salle. Puis le film s’achève. Un silence lourd, presque suspendu. Et soudain, les applaudissements éclatent, longs, puissants, comme un soulagement collectif.</p>
<p data-start="3792" data-end="4217">Micro en main, Marie-France Kouakou s’avance sans détour. Elle ne cherche pas à adoucir ses mots. Face à ces femmes, dont beaucoup ont vécu des violences conjugales ou sexuelles, elle parle comme on parle entre proches. Elle cite des passages de la Bible, évoque des études, raconte des histoires vécues. Elle déconstruit les idées qui justifient la violence, rappelle que la foi ne doit jamais servir d’excuse à l’injustice.</p>
<p data-start="4219" data-end="4546">Les heures passent sans que personne ne quitte la salle. Puis la discussion change de forme. Une femme lève la main. Elle hésite, puis parle. Une autre prend la parole. Puis une troisième. Les récits sortent, parfois tremblants, parfois en colère. <strong>Pour certaines, c’est la première fois qu’elles racontent ce qu’elles ont vécu.</strong></p>
<p data-start="4548" data-end="4981">Dans cette pièce, la honte recule peu à peu. La parole circule. Les femmes se regardent autrement. Ce qui devait être une projection devient un espace de sororité, presque un cercle de guérison. Et Marie-France Kouakou reste là, au milieu d’elles, comme elle le fait depuis des années : écouter, expliquer, encourager, convaincre. Parce que pour elle, sensibiliser ne suffit pas. Il faut aussi donner aux femmes la force de parler.</p>								</div>
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		<title>Marie-Hortense Tohibatou, 29 ans de lutte pour les droits des femmes dans l’ouest ivoirien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Mar 2025 14:37:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La première chose qui frappe lorsqu’on rencontre Marie-Hortense Tohibatou, c’est sa prestance. Grande, le regard direct, la voix posée, elle dégage une autorité tranquille. Mais c’est surtout par ses idées qu’elle impressionne.</p>
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									<p data-start="0" data-end="599">Marie-Hortense Tohidje Tohibatou milite depuis près de trente ans pour les droits humains. Assistante sociale de formation, elle a débuté son engagement dans l’humanitaire en 1996, au plus fort de la guerre civile au Liberia. À cette époque, elle travaille auprès de réfugiés libériens installés à la frontière entre le Liberia et la Côte d’Ivoire. C’est au sein du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés qu’elle découvre la puissance de la sensibilisation de terrain, faite de discussions patientes, d’écoute et d’accompagnement individuel. Une méthode qu’elle n’a jamais abandonnée.</p>
<p data-start="601" data-end="1237">Depuis 2004, elle consacre son énergie aux femmes de la région du Cavally, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, notamment à Guiglo et dans les villages environnants. Elle dirige l’<strong>ONG Solidarité internationale pour la paix et le développement (SIPAID)</strong> et occupe également le poste de secrétaire exécutive de <strong data-start="910" data-end="937">l’Espace ami des femmes</strong>, un réseau fondé en 2014 qui rassemble plus de 280 initiatives portées par des femmes, avec le soutien du Fonds des Nations unies pour la population. À travers ces structures, elle coordonne des actions de sensibilisation, de formation et de protection des victimes de violences basées sur le genre.</p>
<p data-start="1239" data-end="2007"><strong>La première chose qui frappe lorsqu’on rencontre Marie-Hortense Tohibatou, c’est sa prestance. Grande, le regard direct, la voix posée, elle dégage une autorité tranquille. Mais c’est surtout par ses idées qu’elle impressionne.</strong> Elle parle avec précision, multiplie les exemples, cite des situations vécues, raconte des années d’engagement sans jamais donner l’impression de se répéter. Participation des femmes aux processus de paix en période électorale, lutte contre les violences sexuelles, accompagnement des victimes, plaidoyer auprès des chefs religieux pour que les agressions ne soient plus réglées à l’amiable, combat contre les grossesses précoces en milieu scolaire : elle est sur tous les fronts, et elle invite chacun et chacune à prendre part à la lutte.</p>
<p data-start="2009" data-end="2466">À l’occasion du 8 mars, nous l’avons suivie dans les rues de Guiglo, où elle sillonne la ville avec son équipe pour distribuer des centaines d’invitations. Objectif : mobiliser toute la population pour une grande journée de sensibilisation contre les grossesses précoces à l’école. Chefs d’établissement, élèves, commerçantes, responsables administratifs, passants, personne n’est oublié. Pour elle, la prévention doit toucher tout le monde, sans exception.</p>
<p data-start="2468" data-end="3020">Sa vivacité d’esprit, son franc-parler et son extrême douceur expliquent sans doute pourquoi elle est écoutée partout où elle passe. Au marché, où elle rappelle inlassablement qu’ »il faut éviter que nos filles de 12 ou 13 ans tombent enceintes et abandonnent l’école ». À la radio locale, où elle intervient régulièrement pour parler des violences faites aux femmes. À l’hôpital de Guiglo, auprès du personnel soignant. Au tribunal pour mineurs, avec les magistrats et les avocats. Même face à ceux qui contestent son combat, elle garde le même calme.</p>
<p data-start="3022" data-end="3553">Lors d’une discussion, un homme lui explique qu’il faudrait « arrêter de parler des droits des femmes et leur rappeler surtout leurs devoirs ». Elle écoute, patiente, sans hausser le ton. Puis elle répond avec douceur que les hommes ont eux aussi des responsabilités dans le foyer, et que l’éducation des enfants comme les tâches domestiques ne peuvent pas reposer uniquement sur les femmes. La conversation se termine sans conflit, mais avec une leçon claire : le féminisme qu’elle défend est ferme, mais profondément respectueux.</p>
<p data-start="3555" data-end="4093" data-is-last-node="" data-is-only-node="">En quittant Marie-Hortense Tohibatou, on a le sentiment d’avoir reçu un cours d’activisme, de persévérance et d’humanité. Après près de trois décennies de terrain, elle ne parle pas de fatigue, mais de transmission. Aujourd’hui, elle souhaite porter son expérience au-delà des frontières ivoiriennes, participer à des rencontres internationales, échanger avec d’autres militantes, partager des méthodes qui ont fait leurs preuves. Parce que pour elle, la lutte pour les droits des femmes ne s’arrête jamais à une ville, ni même à un pays.</p>								</div>
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		<title>Ramata Samaké, la couturière qui habille l’armée et ouvre la voie aux femmes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Mar 2024 17:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ramata Samaké fait partie de ces femmes qui ouvrent des chemins là où il n’en existait pas. Entrepreneure ivoirienne reconnue, elle est la fondatrice de l’Établissement de Couture Militaire (ECM), la première entreprise nationale spécialisée dans la confection de tenues militaires.</p>
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									<p data-start="54" data-end="574">Ramata Samaké fait partie de ces femmes qui ouvrent des chemins là où il n’en existait pas. Entrepreneure ivoirienne reconnue, elle est la fondatrice de l’<a href="https://www.facebook.com/Ecm225/?locale=fr_FR">Établissement de Couture Militaire (ECM)</a>, la première entreprise nationale spécialisée dans la confection de tenues militaires. Dans ses ateliers sont fabriqués les uniformes de l’armée, de la gendarmerie, ainsi que ceux de la police terrestre et maritime de Côte d’Ivoire. Un domaine longtemps réservé aux hommes, dans lequel elle s’est imposée avec détermination.</p><p data-start="576" data-end="1024">Rien ne prédestinait pourtant cette passionnée de couture à diriger une structure aussi stratégique. Dans sa jeunesse, Ramata Samaké commence simplement, avec une machine à coudre et une ambition tenace. Elle ouvre sa première boutique en 1984. Onze ans plus tard, en 1995, son activité prend une dimension officielle avec la création de l’ECM, un tournant décisif qui marque le début d’une ascension remarquable dans le monde de l’entrepreneuriat.</p><p data-start="1026" data-end="1535">Aujourd’hui, elle dirige une équipe d’une vingtaine de couturiers et couturières, qu’elle encadre avec rigueur et exigence. Son travail, salué pour sa qualité et sa constance, lui a valu de nombreuses distinctions. Elle a reçu une dizaine de prix et de médailles au cours de sa carrière, et son parcours a été personnellement reconnu par le président ivoirien Alassane Ouattara. Mais pour Ramata Samaké, la réussite ne se mesure pas seulement en récompenses. Elle se mesure aussi à la capacité de transmettre.</p><div id="attachment_16388" style="width: 690px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-16388" class="wp-image-16388  lws-optimize-lazyload"  alt="" width="680" height="453" / data-src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Ramata-S2-1024x683.jpg"><p id="caption-attachment-16388" class="wp-caption-text">Ramata Samake dans l&rsquo;un de ses ateliers de couture de tenues militaires. Crédit photo : Tora San Traoré.</p></div><p data-start="1537" data-end="1840">Son histoire dépasse désormais les frontières ivoiriennes. Invitée à intervenir jusqu’en Inde, elle partage son expérience devant des publics venus du monde entier. Partout, son message reste le même : les femmes doivent oser entreprendre, viser grand et refuser les limites qu’on tente de leur imposer.</p><p data-start="1842" data-end="2297">Cette volonté de transmission prend une forme concrète en 2015, lorsqu’elle fonde l’Association des Femmes des Communautés Membres de l’Union Africaine (AF-COM UA). Au sein de cette structure, une centaine de commerçantes, âgées pour la plupart de 30 à 50 ans, se réunissent régulièrement pour échanger, se former et se soutenir. L’objectif est clair : créer un espace de solidarité où les femmes peuvent développer leurs activités et gagner en autonomie.</p><div id="attachment_16393" style="width: 694px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-16393" class="wp-image-16393  lws-optimize-lazyload"  alt="" width="684" height="456" / data-src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Ramata-s9-1024x683.jpg"><p id="caption-attachment-16393" class="wp-caption-text">Ramata Samake avec les femmes de l&rsquo;AF-COM UA.<br />Credit photo : Tora San Traoré.</p></div><p data-start="2299" data-end="2887">Ramata Samaké y anime elle-même des ateliers consacrés à la gestion financière, à l’investissement et au développement entrepreneurial. Elle accompagne ces femmes dans la structuration de leurs projets, les encourage à formaliser leurs activités et à croire en leur capacité à réussir. Son engagement ne se limite pas à l’économie : l’association mène également des actions de sensibilisation contre les violences basées sur le genre et apporte un soutien aux victimes, convaincue que l’indépendance financière est souvent une condition essentielle pour sortir des situations de violence.</p><p data-start="2889" data-end="3388">Au fil des années, l’AF-COM UA est devenue bien plus qu’un réseau professionnel. C’est une communauté soudée, où l’entraide est une règle. Consciente des transformations du commerce, Ramata Samaké veille aussi à préparer ces femmes aux réalités du numérique. Initiation à l’utilisation de l’ordinateur, découverte des réseaux sociaux comme TikTok, conseils pour développer les ventes via WhatsApp : autant d’outils qui permettent à ces entrepreneures de s’adapter à un marché en constante évolution.</p><p data-start="4203" data-end="4343">Son parcours raconte une chose simple, mais puissante : lorsqu’une femme franchit une porte, elle peut en ouvrir des dizaines derrière elle.</p>								</div>
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		<title>« Compter pour toutes » : 200 activistes d’Afrique de l’Ouest réclament des données plus fiables sur les violences faites aux femmes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2024 15:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Environ 200 activistes originaires d’Afrique de l’Ouest appellent les autorités de huit pays de la région à renforcer la collecte de données sur les violences faites aux femmes, qu’ils jugent encore largement sous-estimées.</p>
<p>The post <a href="https://tadf.africa/ce-que-jai-appris-sur-les-droits-des-femmes-en-cote-divoire-%f0%9f%87%a8%f0%9f%87%ae-duplicated-3/">« Compter pour toutes » : 200 activistes d’Afrique de l’Ouest réclament des données plus fiables sur les violences faites aux femmes</a> appeared first on <a href="https://tadf.africa">tadf.africa</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" type="image/webp"  sizes="(max-width: 786px) 100vw, 786px" srcset="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-18-a-15.15.25.png 786w, https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-18-a-15.15.25-300x196.png 300w, https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-18-a-15.15.25-768x502.png 768w, https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-18-a-15.15.25-700x458.png 700w" alt="" width="786" height="514" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-18-a-15.15.25.png"></p>
<p>Environ <a href="https://www.instagram.com/p/C35U2mwo7Dz/?hl=fr&amp;img_index=1">200 activistes originaires d’Afrique de l’Ouest</a> appellent les autorités de huit pays de la région (Bénin, Burkina Faso, Côte d&rsquo;Ivoire, Mali, Mauritanie, Guinée, Niger et Sénégal) à renforcer la collecte de données sur les violences faites aux femmes, qu’ils jugent encore largement sous-estimées. Selon les signataires, l’absence de statistiques fiables constitue un frein majeur à la mise en place de politiques publiques efficaces pour lutter contre ces violences.</p>
<p>Les militant.e.s demandent aux gouvernements concernés d’allouer davantage de moyens financiers afin de réformer et consolider les systèmes nationaux de collecte de données. Ils et elles estiment notamment nécessaire de développer des programmes de sensibilisation et de formation destinés au personnel chargé de recueillir les informations sur le terrain, afin d’améliorer la qualité et la fiabilité des chiffres.</p>
<p>Au-delà des réformes institutionnelles, les activistes appellent également les autorités à soutenir concrètement les initiatives déjà menées localement. Ils et elles réclament un appui matériel et humain pour renforcer les dispositifs existants, notamment par le recrutement de personnel supplémentaire et l’acquisition d’équipements adaptés aux enquêtes de terrain. Les activistes insistent par ailleurs sur l’importance de garantir la sécurité des militant.e.s impliqué.e.s dans ces démarches ainsi que celle des personnes interrogées.</p>
<p>Les signataires soulignent enfin la nécessité d’une collaboration étroite entre plusieurs secteurs clés :  justice, santé, aide sociale, forces de police et organisations de la société civile. Une telle coordination permettrait, selon les signataires, d’améliorer l’efficacité de la collecte d’informations et d’obtenir des données plus réalistes sur l’ampleur des violences faites aux femmes dans la région.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" type="image/webp" data-id="16326"  alt="" class="wp-image-16326 lws-optimize-lazyload"/ width="786" height="514" data-src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-18-a-15.15.25-1.webp"></figure>
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<p>The post <a href="https://tadf.africa/ce-que-jai-appris-sur-les-droits-des-femmes-en-cote-divoire-%f0%9f%87%a8%f0%9f%87%ae-duplicated-3/">« Compter pour toutes » : 200 activistes d’Afrique de l’Ouest réclament des données plus fiables sur les violences faites aux femmes</a> appeared first on <a href="https://tadf.africa">tadf.africa</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Vous avez des droits », Covie l&#8217;ONG qui aide les travailleuses du sexe en Côte d&#8217;Ivoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jan 2024 23:44:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[travailleuses du sexe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Madoussou Touré lutte contre la précarité menstruelle... en prison.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>En Côte d’Ivoire l’association Covie lutte contre les violencess sexuelles… faites aux travailleuses du sexe.</p>


<div style="width: 720px;" class="wp-video"><video class="wp-video-shortcode" id="video-16261-1" width="720" height="1280" poster="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2024/01/Capture-decran-2026-03-14-a-00.52.40.png" autoplay preload="metadata" controls="controls"><source type="video/mp4" src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Pelagie-Kouame-COVIE.mp4?_=1" /><a href="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Pelagie-Kouame-COVIE.mp4">https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Pelagie-Kouame-COVIE.mp4</a></video></div>
<p> </p>


<p></p>
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		<title>Les marcheuses de Grand-Bassam : ces héroïnes ivoiriennes qui ont défié le pouvoir colonial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Dec 2023 17:24:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire ne s’est pas écrite uniquement dans les bureaux des responsables politiques. Elle s’est aussi construite dans la rue, grâce au courage de femmes engagées.</p>
<p>The post <a href="https://tadf.africa/ce-que-jai-appris-sur-les-droits-des-femmes-en-cote-divoire-%f0%9f%87%a8%f0%9f%87%ae-duplicated/">Les marcheuses de Grand-Bassam : ces héroïnes ivoiriennes qui ont défié le pouvoir colonial</a> appeared first on <a href="https://tadf.africa">tadf.africa</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="244" data-end="739">L’histoire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire ne s’est pas écrite uniquement dans les bureaux des responsables politiques. Elle s’est aussi construite dans la rue, grâce au courage de femmes engagées.</p>
<p data-start="244" data-end="739">En décembre 1949, des militantes ivoiriennes ont organisé une marche historique entre Abidjan et Grand-Bassam pour protester contre l’arrestation de leaders anticoloniaux. Leur mobilisation, longtemps oubliée, reste aujourd’hui l’un des symboles les plus forts de la lutte pour la liberté.</p>
<h2 data-section-id="dubrbb" data-start="741" data-end="798">L’arrestation de militants opposés au système colonial</h2>
<p data-start="800" data-end="1055">Le 6 février 1949, plusieurs hommes politiques ivoiriens opposés au système colonial français sont arrêtés.<br data-start="907" data-end="910" />Parmi eux figurent huit membres fondateurs du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), un mouvement engagé contre la domination coloniale. Ces arrestations provoquent une vive réaction au sein du parti, en particulier chez les militantes, qui refusent de rester silencieuses face à ce qu’elles considèrent comme une injustice.</p>
<p data-start="1057" data-end="1244">« <em>Les évaluations nous disent qu&rsquo;elles étaient entre 2000 et 4000 femmes venant de toutes la sous-région pour soutenir les Ivoriennes</em> » explique Nandouhard Akueson, chercheur et auteur de « La marche des femmes glorieuses sur Grand-Bassam ». </p>
<h2 data-section-id="6dv5g7" data-start="1246" data-end="1286">Une mobilisation menée par des femmes</h2>
<p data-start="1288" data-end="1534">Dans un premier temps, les militantes organisent un boycott des produits français afin de protester contre les décisions de l’administration coloniale. Mais après plusieurs mois sans résultat, elles décident de passer à une action plus directe.</p>
<p data-start="1536" data-end="1760">Du 22 au 24 décembre 1949, elles organisent une marche de protestation entre Abidjan et Grand-Bassam, soit près de 40 kilomètres, pour réclamer la libération des prisonniers politiques détenus dans la prison de Grand-Bassam.</p>
<p data-start="1762" data-end="1984">À cette époque, une telle mobilisation féminine est exceptionnelle. Dans un contexte colonial où les femmes sont rarement visibles dans la vie politique, ce réseau de solidarité représente un acte de courage remarquable.</p>
<div id="attachment_16223" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-16223"  alt="" width="300" height="273" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://tadf.africa/wp-content/uploads/2026/03/Marie-Raggi-300x273.jpg"><p id="caption-attachment-16223" class="wp-caption-text">Anne-Marie Raggi, l&rsquo;une des meneuses de la marche.</p></div>
<h2 data-section-id="gz4dz7" data-start="1986" data-end="2040"> </h2>
<h2 data-section-id="gz4dz7" data-start="1986" data-end="2040">Une marche pour la liberté, au-delà des prisonniers</h2>
<p data-start="2042" data-end="2247">L’écrivaine, historienne et femme politique Henriette Diabaté a retracé cet épisode dans un ouvrage publié en 1975 « <em>La marche des femmes sur Grand-Bassam</em>« . Selon elle, ces femmes ne marchaient pas seulement pour libérer des hommes emprisonnés. <strong>Elles marchaient aussi pour leur propre liberté, contre la domination coloniale et contre les injustices imposées à leur peuple.</strong><br data-start="2377" data-end="2380" />Leur combat s’inscrivait dans une lutte plus large pour l’avenir de la Côte d’Ivoire.</p>
<p data-start="2467" data-end="2635">Pour éviter d’être arrêtées avant d’atteindre leur objectif, les marcheuses se répartissent en petits groupes afin de ne pas attirer l’attention de la police coloniale.</p>
<h2 data-section-id="1ysen3y" data-start="2637" data-end="2678">Répression et violences à Grand-Bassam</h2>
<p data-start="2680" data-end="2828">À leur arrivée à Grand-Bassam, les manifestantes sont violemment réprimées. Certaines sont gazées, frappées et arrêtées par les forces coloniales. Malgré cette répression, leur action marque les esprits et renforce la mobilisation contre le système colonial.</p>
<h2 data-section-id="vzqlwl" data-start="2943" data-end="2987">Une contribution oubliée à l’indépendance</h2>
<p data-start="2989" data-end="3122">Les prisonniers politiques seront finalement libérés en 1950. <strong>Dix ans plus tard, en 1960, la Côte d’Ivoire accède à l’indépendance.</strong></p>
<p data-start="3124" data-end="3401">L’histoire retiendra que les marcheuses de Grand-Bassam ont participé à ce mouvement bien avant l’heure. Leur engagement a montré que la lutte pour la liberté ne concernait pas seulement les dirigeants politiques, mais aussi les femmes, souvent absentes des récits officiels. Aujourd’hui, cette marche reste un symbole de résistance, de solidarité et de courage féminin dans l’histoire ivoirienne.</p>

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		<title>10 informations sur la situation des femmes en prison en Côte d’Ivoire </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mandjo Sadia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Dec 2023 09:54:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La situation des femmes incarcérées reste largement méconnue en Côte d’Ivoire.  Moins nombreuses que les hommes, elles sont aussi plus invisibles dans les statistiques, les politiques publiques et les études sur les conditions de détention. Voici plusieurs éléments essentiels pour comprendre leur réalité.</p>
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									<p>Entre octobre et décembre 2023 , la journaliste Sadia Mandjo  s&rsquo;est intéressée aux droits des femmes en Côte d&rsquo;Ivoire, dans le cadre d&rsquo;un projet journalistique engagé nommé « Tour d&rsquo;Afrique des droits des femmes ». Elle s&rsquo;est également penchée sur le cas des femmes invisiilisées par la société comme les femmes en prison. Elle a épluché des rapports pour les partager sur les <a href="https://www.instagram.com/p/CyLVzGvoX33/?hl=fr&amp;img_index=1">réseaux sociaux</a> de son projet, puis s&rsquo;est rendue dans une prison afin de rencontrer quelques détenues et parler de leurs conditions. </p><p data-start="327" data-end="634">La situation des femmes incarcérées reste largement méconnue en Côte d’Ivoire.  Moins nombreuses que les hommes, elles sont aussi plus invisibles dans les statistiques, les politiques publiques et les études sur les conditions de détention. Voici plusieurs éléments essentiels pour comprendre leur réalité.</p><h2 data-section-id="ju69em" data-start="636" data-end="707">1. Les femmes représentent une minorité dans les prisons ivoiriennes</h2><p data-start="709" data-end="850">Selon les chiffres de la Commission nationale des droits de l’homme (<a href="https://hal.science/hal-05008473v1/file/Vivre%20l%27Enfer%5Bmement%5D%20regard%20sur%20la%20condition%20des%20femmes%20et%20des%20mineur.es%20en%20d%C3%A9tention%20en%20RCI.pdf">CNDH</a>) publiés en 2022, la population carcérale en Côte d’Ivoire compte :</p><ul><li data-start="709" data-end="850">638 femmes et 14 mineures</li><li data-start="884" data-end="921">contre 24 495 hommes et 974 mineurs</li><li data-start="923" data-end="1094">Cette tendance se retrouve à l’échelle mondiale. D’après les données des Nations unies, les femmes représentent entre 2 % et 10 % de la population carcérale dans le monde.</li></ul><h2 data-section-id="18le05j" data-start="1096" data-end="1136"> </h2><h2 data-section-id="18le05j" data-start="1096" data-end="1136">2. Une minorité encore plus invisible</h2><p data-start="1138" data-end="1394">Parce qu’elles sont peu nombreuses, les femmes détenues sont souvent moins prises en compte dans les politiques pénitentiaires.<br data-start="1265" data-end="1268" />Leurs besoins spécifiques sont rarement étudiés et leurs conditions de détention sont moins documentées que celles des hommes.</p><p data-start="1396" data-end="1608">Elles sont aussi plus facilement oubliées par la société, car l’incarcération féminine est perçue comme une double transgression :<br data-start="1526" data-end="1529" />transgresser la loi, mais aussi transgresser le rôle social attendu des femmes.</p><h2 data-section-id="1lsjegt" data-start="1610" data-end="1659">3. Les mineures sont doublement invisibilisées</h2><p data-start="1661" data-end="1848">Les filles détenues sont encore moins nombreuses que les femmes adultes.<br data-start="1733" data-end="1736" />Cette faible représentation entraîne un manque de structures adaptées et très peu de données sur leur situation. Elles cumulent ainsi plusieurs formes de vulnérabilité :</p><ul><li data-start="1909" data-end="1918">mineures,</li><li data-start="1921" data-end="1928">femmes,</li><li data-start="1931" data-end="1940">détenues.</li></ul><h2> </h2><h2>4. Des infractions souvent liées à la précarité économique</h2><p data-start="2005" data-end="2125">Les femmes incarcérées en Côte d’Ivoire sont fréquemment impliquées dans des infractions liées à leur situation sociale.</p><p data-start="2127" data-end="2224">Les statistiques montrent que les femmes sont plus exposées au chômage et aux emplois précaires : <strong>54,2 % des femmes sont sans emploi, contre 32,8 % des hommes. </strong>Cette fragilité économique peut conduire certaines à commettre des délits pour subvenir à leurs besoins ou à ceux de leur famille.</p><h2 data-section-id="1muq5dz" data-start="2424" data-end="2483">5. Une vulnérabilité exploitée par les réseaux criminels</h2><p data-start="2485" data-end="2595">La précarité rend certaines femmes plus susceptibles d’être recrutées ou manipulées par des réseaux criminels.</p><p data-start="2597" data-end="2659">Dans plusieurs affaires, elles se retrouvent impliquées dans :</p><ul><li data-start="2662" data-end="2682">le trafic de drogue,</li><li data-start="2685" data-end="2701">le proxénétisme,</li><li data-start="2704" data-end="2724">la traite d’enfants,</li><li data-start="2727" data-end="2759">ou d’autres activités illégales.</li></ul><p data-start="2761" data-end="2853">Souvent, elles occupent les rôles les plus exposés, ce qui augmente le risque d’arrestation.</p><h2 data-section-id="mz3dm4" data-start="2855" data-end="2949">6. La majorité des femmes détenues sont impliquées dans des affaires de trafic ou de traite</h2><p data-start="2951" data-end="3048">En Côte d’Ivoire, une grande partie des femmes incarcérées sont poursuivies pour des faits liés :</p><ul><li data-start="3051" data-end="3072">à la vente de drogue,</li><li data-start="3075" data-end="3097">à la traite d’enfants,</li><li data-start="3100" data-end="3141">ou à des activités économiques illégales.</li></ul><p data-start="3143" data-end="3235">Ces infractions sont souvent liées à la nécessité de survivre dans un contexte de précarité.</p><h2 data-section-id="11jqjvh" data-start="3237" data-end="3295">7. Des besoins spécifiques peu pris en compte en prison</h2><p dir="ltr" role="presentation">Elles manquent de tout : douches, toilettes, produits d’hygiène, serviettes hygiéniques, médicaments, soins, eau, nourriture (moins de deux repas par jour). </p><p dir="ltr" role="presentation"> </p>								</div>
				<div class="elementor-element elementor-element-a4df122 elementor-widget elementor-widget-text-editor" data-id="a4df122" data-element_type="widget" data-e-type="widget" data-widget_type="text-editor.default">
									<h2 dir="ltr" role="presentation">8. Jusqu’en 2024, les femmes étaient incarcérées avec leurs enfants</h2><p dir="ltr" role="presentation">Elles entraient en prison avec leurs enfants car elles n’avaient personne de confiance à qui les confier à l&rsquo;extérieur. Ces enfants passaient les premières années de leur vie dans des cellules et des espaces inadaptés. Concernant les femmes enceintes, selon le Code pénal ivoirien, elles doivent attendre 8 semaines après l’accouchement pour subir leur peine. Mais cette mesure n’est pas respectée dans la majorité des prisons. </p><h2 data-section-id="5a6r8l" data-start="3612" data-end="3656">9. Une réalité encore trop peu documentée</h2><p data-start="3658" data-end="3771">Le manque de données et d’études sur les femmes en prison rend difficile la mise en place de politiques adaptées. Cette invisibilité contribue à maintenir des conditions de détention peu connues du grand public, et donc rarement débattues. Sans oublier qu’elles sont plus vulnérables face aux violences verbales et physiques</p><p data-start="3900" data-end="4076" data-is-last-node="" data-is-only-node="">Pourtant, mieux comprendre la situation des femmes incarcérées est essentiel pour garantir le respect de leurs droits et améliorer les conditions de détention en Côte d’Ivoire.</p><p dir="ltr" role="presentation"> </p>								</div>
				<div class="elementor-element elementor-element-8d518bf elementor-widget elementor-widget-text-editor" data-id="8d518bf" data-element_type="widget" data-e-type="widget" data-widget_type="text-editor.default">
									<h2 dir="ltr" role="presentation">10. Des solutions en réflexion</h2><p dir="ltr" role="presentation">Parmi elle : la dépénalisation de certaines infractions considérées comme de la petite délinquance (vol de téléphone, mendicité, détention illicite de produits pharmaceutiques, etc). Sanctionner différemment (liberté surveillée, travail d’intérêt général, etc). Recruter plus de magistrats pour accélérer le processus de jugement et diminuer le nombre de personnes qui attendent d’être jugées, en prison. Respecter les droits des femmes / mineur.e.s. Fournir des produits de base (eau, serviettes hygiéniques, médicaments etc).</p>								</div>
				<div class="elementor-element elementor-element-784bf17 elementor-widget elementor-widget-text-editor" data-id="784bf17" data-element_type="widget" data-e-type="widget" data-widget_type="text-editor.default">
									<blockquote><p><em>Sources : Etude “Vivre l’enfermement, regard sur la condition des femmes et mineures en détention. 2022 / 2022 country reports on human rights practices, Côte d’Ivoire / Prison Insider- Côte d’Ivoire : être femme ou enfant en prison. 2023 / Convention relative aux droits de l’enfant en Côte d’Ivoire / Code pénal ivoirien</em></p></blockquote>								</div>
				</div>
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